A Terre

Comment engager le spectateur voir différemment les sans abris, à faire un pas vers eux ? La manière la plus humaine de parler de quelqu’un est de montrer ce qu’il ressent, ce qu’il pense ou ce qu’il voit. C’est cette dernière idée que j’ai traité dans cette série.
Les photographies sont prises au ras du sol depuis les endroits où des sans abris se couchent habituellement. L’image a été tournée de 90°, pour donner l’impression d’un paysage vu depuis le sol dans une position couchée.
Le paysage est transformé. Une nouvelle perception s’impose.
Dans les images, deux parties distinctes se dégagent : le sol, qui apparaît flou mais texturé, le non-sol qui apparaît net Le premier reflexe de l’œil, c’est d’être rejeté de la partie floue, le sol, pour analyser la partie nette. Malheureusement, dans le non-sol, à cause de la position penchée, la reconnaissance de forme qui est automatique dans notre cerveau est bloquée. L’œil se perd dans un dédale de textures et essaie de trouver de nouveaux alignements là où il n’en voyait pas.
D’où retour dans la zone sol, qui, même si elle est floue n’en est pas moins inintéressante. Par comparaison, une gamme variée de texture apparaît : le végétal, le grès, sec ou mouillé, le pavé, la grille métallique.. Dans l’image entière, des lignes très fortes apparaissent et flattent le spectateur pour le contenir dans l’image, même si elle n’est pas présentée dans son orientation habituelle.